Une commande pas comme les autres

Hugo Landry Life In Technicolor
Le plaisir des grands formats

Comme vous l’avez peut-être constaté, je varie beaucoup les formats de mes tableaux. J’aime diversifier mon offre et proposer aux clients un éventail de possibilités.

Il arrive parfois que mes formats standards les plus fous, du genre 40×72 ou même 48×96 pouces, ne satisfassent pas tous les clients. Certains recherchent des formats encore plus impressionnants. Dans de pareils cas, je leur propose d’opter pour une commande sur mesure. De cette manière, il est possible de définir des dimensions hors normes. Ma seule contrainte : mon atelier. Le tableau doit entrer dans mon atelier et, évidemment, en ressortir.

Le défi

J’ai travaillé sur bon nombre de défis techniques. Je dois avouer que rien ne m’avait préparé à cette demande spéciale d’un client. Un courriel qui grosso modo disait : «J’aime beaucoup votre travail. Serait-il possible d’avoir un 5′ X 9′ ?» D’expérience, j’ai tendance à ne pas m’emballer rapidement avec des courriels de gens intéressés. Si tous ces messages finissaient en commandes, je serais booké jusqu’en décembre 2025. J’ai donc répondu avec un enthousiasme modéré, mais tout de même curieux, car personne ne m’avait encore approché pour un format du genre.

En moins de quelques jours, le client m’a effectivement confirmé la commande. J’ai également été rencontrer ce dernier chez lui question de voir l’endroit et m’inspirer!

Les contraintes techniques

Sur le coup, dans l’enthousiasme de l’acceptation du projet, je n’avais pas nécessairement pensé à la manière d’entrer la toile dans mon atelier. Je me disais : «Ça va rentrer». Pour vous mettre en contexte, mon atelier se trouve au deuxième étage de ma maison. La pièce est grande, mais l’escalier et le couloir pour s’y rendre sont plutôt étroits. Après calculs scientifiques (j’ai une calculatrice scientifique alors tous mes calculs sont scientifiques), j’ai du me rendre à l’évidence que je n’arriverais pas à monter la toile à l’étage.

J’ai longuement réfléchi sans arrivé à une solution simple. Finalement, une amie en visite à l’atelier a eut la bonne idée de passer le tableau par les fenêtres. Mon copain en fut soulagé. Je dois vous confier qu’il n’avait pas beaucoup aimé mon idée de réaliser le tableau dans notre salon. Plus le temps passait et plus c’était la solution du salon que j’envisageais. Fort heureusement, le tableau voyagea par la fenêtre.

Hugo Landry tableau 5X9 par la fenêtre

Une fois cette contrainte réglée, je devais m’attaquer à un défi technique de taille : peindre un aussi grand format. J’ai toujours peint à l’horizontal. Chaque fois où j’ai travaillé à la vertical fut un désastre. Le seul moment où je peins à la vertical est lors des retouches à la toute fin de la création. Il était donc impensable d’accrocher la toile au mur pour faire le tableau en entier. Comme la hauteur du tableau mesurait 60 pouces et que mes bras n’en mesurent qu’environ 24, j’avais un problème avec l’application des couleurs se trouvant dans la portion du bas. Voici un schéma qui illustre bien la situation :

Hugo Landry Croquis

L’idée du «bed» se pointa. Pourquoi ne pas construire un petit pont surélevé qui me permettrait de peindre par dessus la toile? C’est donc les deux pieds dans les airs, à plat ventre sur une planche, que je commençai la création de l’oeuvre.

Hugo Landry Life In Technicolor

La création grand format

Il est certain qu’un format de ces dimensions change complètement le rapport avec le corps. La gestuelle doit s’adapter. Les mouvements aussi. La notion de recul face à l’oeuvre est également à considérer. Avec de telles mesures, il est difficile d’avoir une perspective adéquate du travail en cours. Il faut donc se fier à son intuition.

Plus concrètement, la réalisation d’une telle commande demande une certaine préparation. Dans ce cas-ci, j’ai mûri le projet plusieurs jours avant le jour J.  J’ai aussi besoin de sentir que c’est le bon moment pour créer le tableau. Si au matin fatidique je ne le sens pas, et bien, je passe mon tour et attend une autre journée. Vu l’investissement en matériel et en temps, aussi bien s’assurer que je ce sois inspiré!

À travers tout cela, il y a un élément essentiel qui doit toujours être présent : Le plaisir. Je dois m’amuser. La joie et la passion sont le moteur de mon travail. Il est important que cela demeure, même si je fais une commande et que je sorte de ma zone de confort.

Je tiens à remercier chaleureusement les nouveaux propriétaires de l’oeuvre! Merci pour ce défi! Au delà de réaliser des tableaux dans mon atelier, le contact avec les gens est essentiel. Ce fut un plaisir de rencontrer des gens aussi formidables et ouverts.

Hugo Landry Life In Technicolor«Life in Technicolor», 108 x 60 pouces.

11

Partagez l'article!

D’autres articles à lire!